"Objectif principal : préparer, faire admettre et
réussir les enfants des milieux modestes de Kerhuon parmi les apprentis
de l'arsenal et aux carrières de la marine, écoles des mousses et maistrance."
Extrait d'un article du Télégramme - presse papier du 24 mai 1977 mettant
en valeur l'enseignement prodigué au collège St Pierre. Cette opinion
est le strict reflet de l'opinion populaire : une conformité absolue.
L'omniprésence de l'armée dans le tissu social transforme une possibilité
de carrière parmi d'autres en pourvoyeur essentiel d'emplois sérieux reconnus
par une population qui ne voit aucun autre débouché pour ses enfants et
qui est prête à la damnation pour parvenir à ses fins. Bien des régions
françaises furent dépendantes de leurs industries, de leurs mines… Au
Relecq-Kerhuon, la fierté parentale d'avoir réussi le placement des enfants
dans une société sans choix apparent, passait par une emploi dans le milieu
de la Marine à Brest. La consécration, le sentiment du devoir accompli
des parents quand ils révélaient au voisinage et à qui voulait bien l'entendre,
sans hésiter à le répéter mille fois, que le fils prodige entrait en Marine.
On célébrait alors le déterminant enseignement du collège Saint Pierre
et son directeur bienfaiteur. Au nom de cette destinée pré-écrite des
centaines d'enfants ont été contraints par la force, par la violence,
dans une indifférence générale consternante, à atteindre le niveau éducatif
nécessaire à l'apothéose maritime. Tout enfant qui n'avait pas de vocation
respectable se voyait amené au pas cadencé des exigences parentales vers
l'arsenal de Brest qui progressivement perdait de sa superbe par manque
d'activité et d'embauche. Mais qu'importe, si l'enfant avait de bons résultats
scolaires, il n'y avait pas de raison à ce qu'il n'échappa pas à la décrue
! D'ailleurs cette diminution d'activité n'était-elle pas un motif impérieux
pour être un excellent élève à l'école, car, assurément, l'armée reconnaîtrait
les meilleurs du lot d'autant qu'avec un peu de piston et de bonnes fréquentations
syndicales, le poste était fourni comme par enchantement.
L'affaire des violences au collège Saint Pierre du Relecq-Kerhuon est aussi une affaire de conditionnement des esprits à ce que peut être une réussite sociale dans une localité vide d'avenir. Dans un esprit à la fois de concurrence et de solidarité, tout un système de conditionnement a favorisé la sacralisation du collège.

Le collège
Fondateur de l'école St Pierre • L'histoire du collège St Pierre • Le directeur • Sous-directeur • Le recrutement • Les professeurs • La mixité • Le silence des élèves • Le plaisir dans la violence • Le directeur des collèges • Responsabilités des parents • Témoignage • Victimes
Institution religieuse
Communiqué de presse • Dissimulations des autorités religieuses • Déclarations imprudentes • Les institutions savaient • Direction de l’Enseignement catholique • Autonomie de l'enseignement privé • L'Eglise pardonne
Le contexte
Mai 1968 • L'histoire du Relecq-Kerhuon • Le CES insatisfaisant • Palmes académiques • La presse muette • La quête de l'emploi • Compagnons de l'Etoile • Réputation d'un homme d'église • Avis maladroits
La législation
Déccret 1887 • Loi 1959 • Décret 2025 • Le parquet de Brest • Les suites judiciaires attendues • L'anonymat obligé • L'audition par la commission d'enquête • Les établissements coupables
Au-delà...
La Justice peine à condamner la "violence éducative" (2023-2026)